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Des livres…

Sélection du journal le Monde

BD. « Les Voyages de Jules », d’Emmanuel Lepage, René Follet et Sophie Michel

« Un livre, c’est comme un voyage, on ne sait pas toujours où on va, il faut laisser la place aux surprises. » Emmanuel Lepage est un auteur qui aime brouiller les pistes. Son nouvel album, Les Voyages de Jules,écrit avec Sophie Michel, devait à l’origine se résumer à un recueil de dessins de marine. L’idée ? Mêler de grands textes comme Le Vieil Homme et la mer, d’Hemingway, ou Pêcheur d’Islande, de Loti, à des illustrations réalisées par le Breton et par le Belge René Follet, ancien du journal Tintin, 88 ans aujourd’hui.

ROMAN. « D’Os et de lumière », de Mike McCormack

Ce 2 novembre 2008 à midi, Marcus Conway est dans la cuisine de sa maison, seul. Pendant une heure et 350 pages, c’est son flux de conscience qui va nous être livré au fil de ce roman sans autre point que final, constitué de longs paragraphes séparés par des segments plus courts. Ceux-ci servent de respiration au texte et le font avancer par des effets de rupture ou d’association, relançant les souvenirs du quinquagénaire sur sa vie de père, mari, ingénieur et citoyen irlandais.

Le personnel et le politique sont constamment liés ici, comme le sont le métaphysique et le pragmatique. C’est là l’une des grandes beautés de ce texteRaphaëlle Leyris

ESSAI. « Pourquoi écrire ? » de Philip Roth

Pourquoi écrire ? regroupe deux recueils anciens de Philip Roth, Du côté de Portnoy et Parlons travail (Gallimard, 1978 et 2004), auxquels sont ajoutées 150 pages inédites en français, sous le titre « Explications ». Le tout forme un livre captivant où sont compilés discours, articles de journaux, essais sur le métier d’écrivain et commentaires de ses propres romans.

De ces écrits hétérogènes émerge une conception de la littérature. « Dresser un portrait de l’humanité avec tous ses particularismes. » Cela va de pair avec une passion pour le concret, pour « l’hypnotique matérialité du monde » qui fait de l’Amérique ce qu’elle est.

La partie inédite du livre ne contient pas de révélation, mais Roth y dévoile ce petit « secret » : un jour, il a trouvé dans un restaurant une feuille de papier oubliée par un client. Elle contenait dix-neuf phrases qui, prises ensemble, n’avaient aucun sens. « Ce que je finis par comprendre, fut qu’il s’agissait des premières lignes des livres qu’il m’était donné d’écrire ». C’est ainsi qu’il s’est lui-même « assigné la tâche absurde d’assumer avec toute la précision dont [il était] capable les dizaines de milliers de mots qui devaient suivre chacune de ces phrases liminaires ». Florence Noiville